ANGLE DOMINANT
Ankara dissocie le triomphalisme de Donald Trump du texte encore non signé, une prudence qui renvoie aux mois de tensions provoqués au sein de l'OTAN par les menaces américaines contre un allié.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Bianet relève qu'aucun texte de l'accord n'a été rendu public et qu'aucune source ne confirme les affirmations de Trump sur un « contrôle permanent » sans coût pour Washington.
- 02
Le bureau de Mette Frederiksen confirme une signature prévue la semaine prochaine lors de l'Assemblée générale de l'ONU, suivie d'une ratification parlementaire au Danemark et au Groenland.
- 03
Selon Daily Sabah, un sondage danois de janvier 2025 montrait que 85 % des Groenlandais s'opposaient à un rattachement aux États-Unis, et les menaces de Trump ont provoqué des mois de tension au sein de l'OTAN.
ANALYSE
Ankara, 19 septembre 2026. La presse turque reçoit l'annonce de Donald Trump avec une prudence marquée, soulignant l'écart entre le triomphalisme du président américain et la réalité d'un texte encore non signé. Sur Truth Social, vendredi 18 septembre, Donald Trump a affirmé avoir obtenu, avec le Royaume du Danemark et le Groenland, un accord de sécurité lui donnant un « contrôle permanent » sur l'île arctique, « sans aucun coût » pour Washington, qu'il a qualifié d'« accord à vie infinie ». Mais Bianet, média d'investigation turc, relève qu'aucun texte de l'accord n'a été rendu public : le bureau de la Première ministre danoise Mette Frederiksen a précisé que l'accord n'était pas encore signé et que sa signature par les trois gouvernements était attendue « la semaine prochaine », lors de l'Assemblée générale des Nations unies à New York, avant son entrée en vigueur après ratification parlementaire au Danemark et au Groenland.
BBC News Türkçe cite Mette Frederiksen affirmant que le texte renforcera la sécurité commune dans l'Arctique et l'Atlantique Nord, tout en reconnaissant la souveraineté et l'intégrité territoriale du Royaume ainsi que le droit du peuple groenlandais à disposer de lui-même — une formulation que la Première ministre a mise en avant sans confirmer explicitement le récit du contrôle « permanent » avancé par Trump.
Daily Sabah replace l'épisode dans son contexte : les menaces répétées de Donald Trump, qui n'a jamais exclu le recours à la force pour s'emparer du territoire, ont provoqué selon le journal des mois de tension entre les États-Unis, le Groenland et le Danemark, et plus largement au sein de l'alliance de l'OTAN. Le titre rappelle qu'un sondage danois de janvier 2025 montrait que 85 % des Groenlandais rejetaient un rattachement aux États-Unis, et que Pékin et Moscou avaient rejeté les arguments de Trump évoquant une menace chinoise ou russe. Selon les termes cités par Trump, aucun « adversaire » des États-Unis ne pourra désormais installer de base, maintenir une présence militaire ou réaliser des investissements sensibles au Groenland sans autorisation écrite de Washington. Bianet précise que Trump a par ailleurs annoncé le lancement immédiat de travaux pour installer une présence militaire élargie dans les « zones appropriées » du Groenland, sans attendre la signature formelle du texte annoncé.
