ANGLE DOMINANT
Athènes scrute ce que Copenhague et Nuuk concèdent réellement à Washington derrière les mots de souveraineté préservée dans l'accord sur le Groenland.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Washington prévoit trois nouvelles bases militaires dans le sud du Groenland, en plus de la base spatiale de Pituffik (To Vima).
- 02
L'accord interdit à la Chine et à la Russie toute base, tout déploiement de troupes ou investissement sensible sans l'approbation écrite explicite des États-Unis (Protothema).
- 03
La signature est prévue la semaine prochaine en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, mais l'accord doit encore être approuvé par les parlements danois et groenlandais (Naftemporiki).
ANALYSE
Athènes, 19 septembre 2026. La presse grecque lit l'accord entre Washington, Copenhague et Nuuk sur la sécurité du Groenland moins comme un compromis territorial que comme un test de ce qu'un petit État peut encore préserver de sa souveraineté face à une grande puissance. To Vima résume le paradoxe : le texte prévoit le développement d'une présence militaire américaine significative sur l'île arctique tout en assurant que la souveraineté et l'intégrité territoriale du Royaume danois ne sont pas mises en cause. Washington prévoit d'ouvrir trois nouvelles bases dans le sud du Groenland, en plus de la base spatiale de Pituffik, en s'appuyant sur l'accord de défense de 1951 révisé en 2004, qui autorisait déjà un renforcement des troupes sur simple notification préalable.
Le mécanisme central, détaillé par Protothema, interdit à la Chine et à la Russie d'y installer des bases, d'y déployer des troupes ou d'y réaliser des investissements sensibles sans l'approbation écrite explicite des États-Unis - une clause que Donald Trump qualifie d'accord à durée illimitée. Mette Frederiksen insiste sur le fait que le texte reconnaît la souveraineté et l'intégrité territoriale du Royaume ainsi que le droit du peuple groenlandais à l'autodétermination ; Jens-Frédérik Nielsen y voit un compromis qui reconnaît les intérêts du Groenland.
Mais To Vima donne la parole à une réserve venue du milieu universitaire danois : le politologue Mikkel Vedby Rasmussen, de l'université de Copenhague, avertit que l'accord ne clôt probablement pas les ambitions de Trump sur le territoire et ses ressources, et que toute délégation de pouvoirs formels à Washington risquerait de faire naître, chez les Groenlandais, la question d'un simple remplacement de la tutelle coloniale danoise par une nouvelle dépendance américaine. Le journal rappelle que ces ambitions avaient déjà tendu les relations au sein de l'OTAN, poussant des États membres européens à envoyer des militaires au Groenland en janvier pour marquer leur détermination. Naftemporiki note que l'accord, signé la semaine prochaine en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, devra encore franchir les procédures parlementaires danoise et groenlandaise avant d'entrer en vigueur - un filtre démocratique que la presse grecque retient comme la seule garantie tangible face à un texte dont, souligne le journal, aucune version officielle n'a été rendue publique.
SOURCES (3)
- NaftemporikiMOYEN
- Protothema ENMOYEN
- To VimaMOYEN
