ANGLE DOMINANT
Canberra scrute un accord qui verrouille l'accès du Groenland aux rivaux stratégiques de Washington, lisant dans ce dispositif arctique un miroir de sa propre compétition avec Pékin dans l'Indo-Pacifique.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Un responsable du département d'État précise que l'accord donne aux États-Unis des droits permanents d'accès, de stationnement et de survol, la possibilité d'augmenter le nombre de bases, et interdit à tout pays hors OTAN d'y installer une base ou des troupes.
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La signature par les trois gouvernements est prévue la semaine prochaine pendant l'Assemblée générale des Nations unies à New York, sous réserve de l'approbation des parlements danois et groenlandais.
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Donald Trump qualifie l'accord de "dream come true" et affirme que les États-Unis auront "FOREVER" la capacité nécessaire pour sécuriser le Groenland et l'Amérique.
ANALYSE
Canberra, samedi 19 septembre 2026. L'accord tripartite annoncé vendredi par Donald Trump sur les réseaux sociaux occupe la presse australienne comme un test de la doctrine américaine d'exclusion de la Chine et de la Russie, plus que comme une querelle territoriale avec un allié de l'OTAN. Selon un responsable du département d'État cité par The Age et le Sydney Morning Herald, le texte garantit aux États-Unis "la capacité complète de faire ce qu'ils jugent nécessaire au Groenland pour sécuriser et défendre le continent américain", avec des droits permanents d'accès, de stationnement et de survol, la possibilité d'augmenter le nombre de bases, et l'interdiction pour tout pays hors OTAN d'y installer une base ou des troupes. Seuls les États-Unis et leurs alliés pourront investir dans les secteurs sensibles de l'île, riche en minerais.
Donald Trump, qui n'excluait pas il y a quelques mois de prendre le territoire par la force, a qualifié l'accord de "rêve devenu réalité" et affirmé que Washington aurait "pour toujours" le contrôle nécessaire à sa sécurité. Le bureau de la Première ministre danoise Mette Frederiksen insiste sur le fait que le texte "reconnaît la souveraineté et l'intégrité territoriale" du Groenland et du Danemark, ainsi que le droit des deux peuples à l'autodétermination; il devra encore être approuvé par les parlements danois et groenlandais avant sa signature par les trois gouvernements, la semaine prochaine, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies à New York. Le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen estime que l'accord "reconnaît" les intérêts de son territoire.
SBS News relève que l'issue reste en deçà du projet initial de Trump d'acquérir purement et simplement l'île, qui abrite déjà une base de la Space Force dans le nord-ouest. The Age et le Sydney Morning Herald notent que les inquiétudes américaines sur les investissements chinois au Groenland sont jugées exagérées par des experts. Pour l'Australie, elle-même engagée dans une compétition stratégique avec Pékin dans l'Indo-Pacifique, l'épisode illustre une méthode désormais familière de Washington: sécuriser un territoire allié par un accès militaire permanent plutôt que par une annexion, tout en verrouillant l'accès des rivaux stratégiques.
SOURCES (4)
- SBS News AustraliaMOYEN
- The Age WorldMOYEN
- ABC News PoliticsMOYEN
