ANGLE DOMINANT
Oslo pèse l'accord groenlandais à l'aune de sa propre frontière arctique, entre exercice de l'OTAN en cours autour de l'île et scepticisme d'un expert sur la portée réelle des annonces de Trump
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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L'OTAN mène actuellement l'exercice Arctic Sentry autour du Groenland, avec la participation de F-35 danois
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Le chef d'état-major danois Peter Boysen plaide pour un stationnement permanent de soldats sur l'île, présents en rotation depuis janvier
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L'expert Hilmar Mjelde met en garde : Trump « gonfle toujours » ses annonces de percées diplomatiques, souvent réduites à un titre sans détail
ANALYSE
Oslo, 19 septembre 2026. Depuis la Norvège, voisine arctique du Groenland et alliée de l'OTAN, l'accord annoncé vendredi soir par Donald Trump est lu avant tout à travers le prisme de la sécurité régionale. Sur Truth Social, le président américain affirme que Washington obtient « le contrôle permanent de la sécurité » de l'île, « sans aucun coût », et qualifie le texte d'« Infinite Life Agreement », sans date d'expiration. Le gouvernement danois confirme dans la soirée qu'une signature est attendue la semaine prochaine, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies à New York, avant un passage devant les parlements danois et groenlandais.
La Première ministre Mette Frederiksen insiste sur le fait que l'accord « reconnaît la souveraineté et l'intégrité territoriale du royaume », ainsi que le droit du peuple groenlandais à l'autodétermination. Le chef du gouvernement groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, y voit une reconnaissance des « intérêts du Groenland » et de sa place dans la coopération internationale. Trump annonce de son côté que les États-Unis vont commencer à bâtir une présence militaire plus importante sur l'île, et que les pays jugés adversaires par Washington ne pourront ni y installer de bases ni y réaliser d'investissements sensibles sans autorisation écrite américaine.
La presse norvégienne relie l'annonce à un contexte régional déjà militarisé : l'OTAN mène actuellement l'exercice Arctic Sentry autour du Groenland, avec des F-35 danois, tandis que des soldats danois s'y trouvent en rotation depuis janvier. Le chef d'état-major danois, Peter Boysen, plaide pour un stationnement permanent de troupes sur l'île, jugeant la connaissance du terrain et du climat par l'armée danoise précieuse pour la sécurité de l'Arctique.
Un expert américaniste norvégien, Hilmar Mjelde, appelle toutefois à la prudence : Trump, dit-il, gonfle toujours les percées annoncées dans ses négociations, qui se révèlent souvent n'être guère plus qu'un titre sans substance ni détail. Il rappelle qu'un accord de défense entre Washington et Copenhague existe déjà, remontant à la guerre froide, et que le contenu précis du nouveau texte demeure, à ce stade, largement inconnu — y compris les modalités exactes de l'exclusion promise aux pays extérieurs à l'OTAN.
