ANGLE DOMINANT
Stockholm scrute l'accord américano-danois à l'aune de sa propre présence militaire sur l'île, où une quarantaine de soldats suédois participent cette semaine à l'exercice Arctic Shield aux côtés de onze pays de l'Otan.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Une quarantaine de soldats suédois du Hemvärnet participent à l'exercice Arctic Shield au Groenland, aux côtés de 400 militaires de onze pays de l'Otan, sans participation américaine.
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Selon des sources du département d'État citées par Reuters, l'accord interdit toute base militaire russe ou chinoise au Groenland et tout investissement dans les secteurs sensibles sans l'accord écrit de Washington.
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Dagens Nyheter rapporte qu'une société d'investissement américaine a versé plusieurs millions de couronnes au compagnon de la responsable politique groenlandaise Vivian Motzfeldt pour l'achat d'une maison à Nuuk.
ANALYSE
Stockholm, samedi 19 septembre 2026. La presse suédoise reçoit l'annonce de l'accord américano-danois sur le Groenland à travers le prisme de sa propre présence militaire sur l'île. Vendredi soir, heure suédoise, Donald Trump a annoncé sur Truth Social avoir obtenu « le contrôle permanent de la sécurité et de tous les autres besoins » du Groenland, un accord qu'il qualifie d'« éternel », à « durée illimitée » et sans coût pour Washington. Au même moment, une quarantaine de soldats du Hemvärnet suédois, issus de la région de Göteborg, participaient sur l'île à l'exercice Arctic Shield, aux côtés de 400 militaires venus de onze pays de l'Otan, chargés d'y protéger des infrastructures critiques et de s'entraîner face aux drones, une leçon tirée de la guerre en Ukraine — les États-Unis, eux, n'y prenaient pas part. Expressen relève que la piste de l'aéroport désaffecté de Narsarsuaq, théâtre de cet exercice, figurerait sur la liste des futures bases envisagées par Washington.
Le cabinet de la première ministre danoise Mette Frederiksen assure que le texte « reconnaît la souveraineté et l'intégrité territoriale » du royaume ainsi que le droit à l'autodétermination du peuple groenlandais ; il doit être signé la semaine prochaine, à l'occasion de l'Assemblée générale de l'ONU, avant un vote des parlements danois et groenlandais. Le premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen le juge « à l'avantage de nous tous ». Selon des sources du département d'État citées par Reuters et reprises par Svenska Dagbladet, l'accord garantit l'absence de bases russes ou chinoises, interdit l'envoi de troupes étrangères et prévoit des mécanismes pour bloquer les investissements dans les secteurs sensibles.
Sveriges Radio situe l'enjeu dans une lecture strictement sécuritaire : selon son correspondant à Washington, le Groenland constitue pour les États-Unis « un tampon entre l'Amérique du Nord et des adversaires comme la Russie ou la Chine ». Dagens Nyheter relaie de son côté les doutes d'un expert en sécurité, Marc Jacobsen, sur une transaction immobilière à Nuuk : une société d'investissement américaine aurait versé plusieurs millions de couronnes au compagnon de la responsable politique groenlandaise Vivian Motzfeldt pour l'achat d'une maison, une affaire qui ravive selon lui les questions sur l'influence politique américaine sur l'île.
SOURCES (5)
- Dagens NyheterMOYEN
- Svenska DagbladetMOYEN
- ExpressenMOYEN
- Sveriges RadioMOYEN
- AftonbladetMOYEN
