ANGLE DOMINANT
Bogotá distingue deux récits qui s'affrontent sur le Groenland : celui de Washington, qui revendique un « contrôle permanent », et celui de Copenhague et Nuuk, qui insistent sur le maintien intact de leur souveraineté.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Donald Trump a annoncé vendredi 18 septembre sur Truth Social un accord donnant à Washington le « contrôle permanent de la sécurité » du Groenland, « SANS AUCUN COÛT » pour les États-Unis
- 02
La première ministre danoise Mette Frederiksen affirme que l'accord « reconnaît la souveraineté et l'intégrité territoriale » du royaume et le droit du peuple groenlandais à l'autodétermination
- 03
Selon le professeur Søren Lippert (GeoPolitik), le droit américain de bloquer des investissements sensibles dans les mines, ports et infrastructures relève de la souveraineté économique et ne figure pas dans la version danoise du texte
ANALYSE
Bogotá, 19 septembre 2026. Les médias colombiens rapportent, samedi 19 septembre, l'accord annoncé la veille par Donald Trump sur Truth Social, qui donnerait selon lui aux États-Unis « le contrôle permanent de la sécurité et de tous les autres besoins » au Groenland, « SANS AUCUN COÛT » pour Washington, et qu'il présente comme un pacte « pour toujours, sans date d'expiration ».
La Republica et Portafolio insistent toutes deux sur la contradiction entre ce langage et celui de Copenhague et Nuuk. La première ministre danoise Mette Frederiksen a déclaré que l'accord « reconnaît la souveraineté et l'intégrité territoriale » du royaume ainsi que « le droit du peuple groenlandais à l'autodétermination ». Le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen, qui avait auparavant écarté toute cession de souveraineté, a dit se sentir « encouragé » par un texte qui « reconnaît les intérêts du Groenland et notre place dans la coopération internationale ».
Portafolio détaille le contenu rapporté par un responsable du département d'État : la Chine et la Russie ne pourront ni installer de base ni envoyer de troupes au Groenland, et des mécanismes empêcheront les investissements dans des secteurs jugés sensibles. La Republica cite le professeur Marc Jacobsen, du Real Colegio de Defensa danois, pour qui l'accord permet à Trump de se présenter comme vainqueur sans avoir obtenu l'acquisition ou le contrôle politique du territoire : « no se salió con la suya ». Le même article relaie l'analyse de Søren Lippert, du cabinet GeoPolitik, selon qui le droit accordé à Washington de bloquer des investissements sensibles dans les mines, les ports et les infrastructures relève de « la souveraineté économique » et ne figure pas dans la version danoise du texte.
Les deux médias rappellent que l'accord s'appuie sur un pacte de défense de 1951, actualisé en 2004, qui autorisait déjà Washington à déployer des forces à condition d'en informer Copenhague. La Republica ajoute que, selon un rapport de DR, le Danemark avait envoyé des troupes avec munitions réelles, prêtes à détruire les pistes d'atterrissage pour empêcher un débarquement américain en cas de recours à la force.
La signature est attendue la semaine prochaine en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York, avant un vote des parlements danois et groenlandais. Le chef de la diplomatie danoise, Lars Løkke Rasmussen, a jugé que la semaine prochaine « pourrait être une bonne semaine » pour le Groenland, le Danemark et les États-Unis.
SOURCES (2)
- La Republica COMOYEN
- PortafolioMOYEN
