ANGLE DOMINANT
Montevideo scrute un accord présenté comme un compromis : Washington décroche un contrôle sécuritaire permanent au Groenland, mais Copenhague et Nuuk martèlent que leur souveraineté et le droit à l'autodétermination groenlandais restent intacts.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
L'accord doit être signé la semaine prochaine à New York, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, avant ratification par les parlements danois et groenlandais.
- 02
Trump promet un contrôle « permanent » et « de vie infinie » interdisant toute base ou tout investissement sensible d'un adversaire des États-Unis au Groenland.
- 03
Washington prévoit d'ouvrir trois nouvelles bases militaires dans le sud du Groenland, en plus de celle de Pituffik, en s'appuyant sur un pacte de défense de 1951 actualisé en 2004.
ANALYSE
Montevideo, samedi 19 septembre 2026. Le gouvernement danois a confirmé qu'il signera la semaine prochaine, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies à New York, un accord trilatéral avec les États-Unis et le Groenland destiné à « renforcer la sécurité » dans l'Arctique et l'Atlantique Nord, rapportent Montevideo Portal et Subrayado à partir d'un communiqué du bureau de la Première ministre Mette Frederiksen.
Vendredi, Donald Trump avait annoncé sur Truth Social avoir conclu un accord octroyant à Washington « le contrôle permanent » de la sécurité du Groenland, qu'il qualifie d'accord « de vie infinie, sans fin ». Le président américain a précisé qu'« aucun adversaire des États-Unis ne pourra jamais avoir de base au Groenland, y maintenir une présence militaire ou y réaliser des investissements sensibles sans notre approbation écrite expresse ». Washington prévoit d'ouvrir trois nouvelles bases dans le sud de l'île, en plus de celle de Pituffik au nord, en s'appuyant sur un pacte de défense de 1951 actualisé en 2004. En janvier, M. Trump avait déjà jugé que les États-Unis « auraient dû garder » le Groenland après la Seconde Guerre mondiale, qualifiant les Danois d'« ingrats », tout en assurant agir « avec respect » envers le peuple et les dirigeants danois.
Copenhague et Nuuk présentent toutefois le texte sous un tout autre angle. Mette Frederiksen se félicite d'une « bonne perspective » pour un accord qui « reconnaît la souveraineté et l'intégrité territoriale » du Danemark ainsi que « le droit du peuple groenlandais à l'autodétermination ». Le chef du gouvernement groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, affirme que le pacte « reconnaît les intérêts » de l'île et sa « place dans la coopération internationale ». Le ministre groenlandais des Affaires étrangères, Múte B. Egede, ajoute à la télévision publique DR que l'accord « reflète ce que nous disions depuis le début » et reconnaît le peuple groenlandais « conformément au droit international ».
Ni Washington ni Copenhague n'ont détaillé le contenu exact du texte. La presse uruguayenne rappelle le contexte : depuis janvier 2025, Trump réclamait le contrôle de l'île de 56 000 habitants, allant jusqu'à ne pas exclure la force, ce qui avait alarmé l'UE et l'OTAN, alliance qui a depuis lancé une nouvelle mission de sécurité arctique. L'accord doit encore être ratifié par les parlements danois et groenlandais.
