ANGLE DOMINANT
Vilnius mesure l'accord groenlandais à l'aune de sa propre histoire de petite nation voisine d'une grande puissance, entre garanties affichées de souveraineté et réseaux d'influence financière révélés en coulisses.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Sur Truth Social, Donald Trump annonce que les États-Unis obtiennent « le contrôle permanent de la sécurité et de tous les autres besoins » au Groenland, un accord « à vie infinie » sans fin.
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Le bureau de Mette Frederiksen affirme que le texte « reconnaît conjointement la souveraineté et l'intégrité territoriale » du Royaume et « le droit du peuple groenlandais à l'autodétermination », signature prévue la semaine prochaine à l'Assemblée générale de l'ONU à New York.
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Selon Verslo žinios, citant Weekendavisen et Sermitsiaq, Ronald Lauder — ami de Trump et à l'origine de l'idée d'acquérir le Groenland — est lié à l'achat d'une maison de plus de 700 000 euros pour des responsables politiques groenlandais.
ANALYSE
Vilnius, 19 septembre 2026. La presse lituanienne rapporte l'accord conclu entre Washington, Copenhague et Nuuk avec une prudence teintée par sa propre histoire de petit État voisin d'une grande puissance. Selon 15min, Donald Trump a annoncé sur Truth Social que les États-Unis obtiennent « le contrôle permanent de la sécurité et de tous les autres besoins » au Groenland, un accord qu'il qualifie de « vie infinie » — « sans fin ». Le président américain, 80 ans, affirme qu'« aucun adversaire des États-Unis ne pourra plus jamais avoir de base au Groenland, de présence militaire au Groenland ni mener d'investissements sensibles au Groenland sans notre accord écrit explicite », et annonce que Washington « commencera immédiatement à bâtir une importante présence militaire » sur l'île.
Le bureau de la Première ministre danoise Mette Frederiksen insiste sur le fait que le texte « reconnaît conjointement la souveraineté et l'intégrité territoriale du Royaume ainsi que le droit du peuple groenlandais à l'autodétermination ». La signature doit intervenir la semaine prochaine, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies à New York, avant ratification par les parlements danois et groenlandais — un calendrier que 15min relève sans détailler les clauses précises de l'accord.
Mais c'est un second article, publié par Verslo žinios, qui apporte à la lecture lituanienne sa tonalité la plus critique. Le titre économique cite l'hebdomadaire danois Weekendavisen et le média groenlandais Sermitsiaq : un proche de Donald Trump, Ronald Lauder, héritier de l'empire cosmétique Estée Lauder, aurait fait acheter une maison de grande valeur — plus de 700 000 euros — à des responsables politiques groenlandais. C'est ce même Lauder qui aurait suggéré à Trump l'idée d'acquérir le Groenland et se serait proposé comme intermédiaire auprès du gouvernement danois. Des sources citées par le journal estiment que l'objectif du montage financier est d'influencer la politique groenlandaise par l'argent plutôt que par la pression diplomatique.
Pour un pays balte habitué à observer comment les grandes puissances négocient au-dessus de la tête des petites nations, ce double éclairage — garanties officielles de souveraineté d'un côté, réseaux d'influence financière de l'autre — alimente une lecture prudente : l'accord protège le Groenland sur le papier, mais les méthodes qui l'ont précédé rappellent que l'autonomie d'un petit territoire reste négociable.
