ANGLE DOMINANT
Paris décèle dans l'accord une reculade américaine habillée en victoire, la souveraineté du Groenland et du Danemark restant, selon la presse française, le véritable enjeu préservé face aux annonces triomphantes de Donald Trump.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Donald Trump affirme sur Truth Social avoir obtenu un « contrôle permanent » sur la sécurité du Groenland, qualifiant l'accord de « durée de vie infinie » et « sans aucun coût » pour les États-Unis (18 septembre).
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Un responsable du département d'État américain, sous couvert d'anonymat, précise que l'accord empêche la Chine et la Russie d'installer une base, d'y envoyer des troupes ou d'investir dans des secteurs sensibles au Groenland sans l'accord écrit de Washington.
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La signature est prévue la semaine prochaine en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York, mais reste soumise à l'approbation des parlements danois et groenlandais ; Mette Frederiksen affirme que le texte « respecte la souveraineté » du Danemark et du Groenland.
ANALYSE
Paris, 19 septembre 2026. Le Monde résume l'annonce de Donald Trump en une phrase acide : « L'utilisation d'adjectifs triomphants ne masque pas la reculade. » Vendredi 18 septembre, sur Truth Social, le président américain a affirmé avoir obtenu un « contrôle permanent » sur la sécurité du Groenland, un accord qu'il qualifie de « rêve devenu réalité » et de « durée de vie infinie », sans « aucun coût » pour Washington. La presse française retient d'abord ce que Donald Trump n'a pas obtenu : le milliardaire, qui réclamait depuis son retour à la Maison Blanche le rattachement pur et simple de l'île, voire n'excluait pas d'y recourir par la force contre un allié de l'Otan, renonce à l'extension de la souveraineté américaine sur ce territoire de 56 000 habitants.
Le communiqué nocturne de la première ministre danoise Mette Frederiksen, cité par Le Monde, insiste sur ce point : l'accord « respecte la souveraineté » du Danemark et le droit à l'autodétermination du Groenland, tout en renforçant « la sécurité partagée dans l'Arctique et dans l'Atlantique Nord », au bénéfice de l'Otan et de l'Europe. Le premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen a de son côté estimé que l'accord « reconnaît les intérêts du Groenland » et sa place dans la coopération internationale. BFMTV et 20 Minutes détaillent le contenu opérationnel du texte : Washington pourra développer « immédiatement » sa présence militaire, mais aucun « adversaire » — Chine et Russie sont explicitement visées par un responsable du département d'État — ne pourra désormais y installer de base, y envoyer des troupes ou investir dans des secteurs sensibles sans l'accord écrit de Washington. Le Groenland, riche en minerais, reste ainsi sous administration danoise.
RFI souligne que le territoire arctique revient « une nouvelle fois au centre des préoccupations géostratégiques mondiales », tandis que France 24 rappelle que Copenhague a salué un accord « bon pour l'Otan et l'Europe ». La signature, prévue en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York la semaine prochaine, devra encore être validée par les parlements danois et groenlandais avant d'entrer en vigueur — un filet de sécurité institutionnel que la presse française met en avant pour relativiser le triomphalisme de l'annonce américaine.
SOURCES (5)
- 20 MinutesMOYEN
- BFMTVMOYEN
