ANGLE DOMINANT
Londres scrute l'accord à l'aune de la clause qui exclut Russie et Chine du Groenland, plus que des envolées de Donald Trump sur un territoire « à vie infinie ».
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Sur Truth Social vendredi soir, Donald Trump a annoncé un accord donnant aux États-Unis "permanent control over security, and all other needs" au Groenland, "sans aucun coût" pour Washington.
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La Première ministre danoise Mette Frederiksen a confirmé que l'accord serait signé la semaine prochaine pendant l'Assemblée générale de l'ONU, sous réserve de l'approbation des parlements danois et groenlandais.
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Le texte interdit à tout "adversaire" américain, dont la Russie et la Chine, d'établir une base, une présence militaire ou des investissements sensibles au Groenland sans l'accord écrit des États-Unis.
ANALYSE
Londres, 19 septembre 2026. La presse britannique reçoit l'accord annoncé vendredi soir sur les réseaux sociaux par Donald Trump avec une prudence marquée, soulignant l'écart entre les formules du président américain et les précisions, plus mesurées, venues de Copenhague. Le président a revendiqué sur Truth Social un contrôle "permanent over security, and all other needs" du Groenland, "sans aucun coût" pour Washington, qu'il a qualifié d'accord à "infinite life", permettant aux États-Unis de faire, selon ses mots, "ce qui est nécessaire pour sécuriser et défendre" l'île "pour toujours". La Première ministre danoise Mette Frederiksen a confirmé la signature prochaine, à l'occasion de l'Assemblée générale des Nations unies, mais a insisté sur le fait que le texte "strengthens security in the Arctic and the North Atlantic area" tout en reconnaissant la souveraineté et l'intégrité territoriale du Royaume et le droit du peuple groenlandais à l'autodétermination, une nuance que Trump n'a pas reprise dans son annonce, relève la BBC. Le chef du gouvernement groenlandais Jens-Frederik Nielsen a lui aussi pris la parole pour situer l'accord dans les intérêts de son territoire.
La couverture britannique retient surtout la clause la plus opérationnelle du texte : l'exclusion des adversaires américains, Russie et Chine en tête, qui ne pourront plus établir de base, maintenir une présence militaire ou réaliser des investissements sensibles au Groenland sans l'aval écrit de Washington. The Independent rappelle que Trump justifiait depuis des mois sa pression sur l'île par la présence de "Russian and Chinese ships all over the place", et que les États-Unis vont désormais développer une présence militaire importante sur le territoire arctique. Le journal note aussi que le contenu exact de l'accord reste flou et documente les manifestations groenlandaises contre la mainmise américaine, pancartes "Make Americans Go Away" à l'appui. Le Daily Mail, de son côté, reproduit largement la version de Trump sans la confronter aux réserves danoises. Pour la presse britannique, l'épisode clôt des mois de menaces d'annexion par la force contre un territoire de 56 000 habitants appartenant à un allié de l'OTAN, sans qu'aucun transfert de souveraineté ne soit acté — mais en verrouillant stratégiquement l'Arctique face à Moscou et Pékin.
